Titre: Quelques mots sur la campagne des insoumis et sur la transition sociale en cours
Sous-titre: Pourquoi la candidature de JLM et de la France Insoumise s'inscrit dans la transition sociale, et participe à faire bouger les lignes quelle que soit l'issue de l'élection présidentielle, tout en témoignant des lignes qui bougent par ailleurs.

En nous informant sur la campagne présidentielle 2017, nous sont venues quelques idées sur le bénéfice social indirect de la candidature de la France Insoumise.

Nous avons lu les programmes des candidats, nous les avons comparés[1]. Nous avons voulu aussi en savoir plus sur les petits candidats, et notamment sur François Asselineau, qui semble monter dans le cœur des internautes[4].

Introduction

Nous prendrons deux supports vidéo pour initier ce document :

Au fil de l'analyse, vous serez amenés à visionner d'autres vidéos et lire des articles sur internet, ou des livres.

Examinons le contexte

Nous vivons selon Marc Halévy un changement profond, lent, qui se situe à plusieurs niveaux. Il en éffleure la complexité dans la vidéo introductive.

Chaque analyste-expert spécialisé dans son domaine peut nous en faire une description détaillée. Le changement est complexe, il semble difficile à appréhender.

Pourtant c'est assez simple : il s'agit selon nous d'une transition de civilisation, accompagnée d'une crise environnementale. Les deux étant en relation d'inter-dépendance.

Il y a une multitude de causes à ces mutations, et nous pensons que ça serait se fourvoyer que d'en chercher une principale, ou de tenter de les prioriser.

En revanche, les étudier, pour savoir où intervenir afin de mieux vivre cette transition, en dévoiler les enjeux, nous semble essentiel. Ceci fera l'objet d'autres publications de notre part.

Côté changements, il y a bien sûr la Crise climatique et écologique ; la soit-disant défiance politique[6], la défiance envers les médias mainstream[5], la crise économique…

Ces crises entrainent des politiques d'austérité, des réformes nécessaires d'une part, et un immobilisme social masqué d'autre part.

Cela fait des dizaines d'années que nos dirigeants politiques professionnels nous assènent que :

  • Nous ne pouvons pas nous gouverner nous-même, soit parce que c'est théoriquement impossible ou ce n'est pas physiquement possible[19] ;

  • par extention, nous ne pouvons pas décider nous-même des lois, car c'est trop compliqué, c'est un sujet d'experts[20]. Tous les domaines de la vie publique ont été petit à petit retirés au peuple, pour être confiés aux experts.

  • Enfin, nos dirigeants posent en experts dans ces domaines[2]. Les réformes, les citoyen⋅ne⋅s ne peuvent les comprendre, car ce ne sont pas des experts[6].

Cet état de fait, cette séparation de la classe politique et du peuple, est voulu par nos dirigeants, et ceux qui les gouvernent[7].

Nous pouvons aisément comprendre pourquoi nos gouvernants politiques et dirigeants de multinationales souhaitent garder les rennes pour que le monde reste tel qu'il est : ce sont eux qui en profitent le plus, car ils sont dans une position privilégiée[17]. Mais pour tous les autres ?

L'idée portée par la France Insoumise est que Jean-Luc Mélenchon pourrait être le dernier président élu, nous permettant de mettre fin à la monarchie présidentielle française[18] et peut-être même à la démocratie représentative, pour passer à une démocratie plus directe[8].

Nous pensons que cela se fera progressivement. Il y a de nombreux schémas politiques à déconstruire, et ça a déjà commencé au niveau de la vie civile[9]. Il faudra probablement des essais successifs pour que le peuple se sente légitime dans le fait de décider par lui-même et pour lui-même, et trouve les bons outils pour faire des choix respectueux de tous.

C'est la double question de la gouvernance d'une part, et du mode de prise de décision d'autre part, que nous aborderons dans d'autres documents.

La grosse différence de la présidentielle de 2017, nous semble-t-il, c’est qu'un nombre croissant de personnes voient dans la candidature de la France Insoumise une révélation de cette nouvelle conscience politique en train de se construire.

Concernant cette conscience politique, d'une part nous avons vu naître ces 10 dernières années des vulgarisateurs politiques et scientifiques[34] de tous horizons.

D'autre part, ces vulgarisateurs sont petit à petit suivis et écoutés par un nombre grandissant de gens. Ceux-ci se politisent ou se re-politisent lentement, et souhaitent en fin de compte donner leur avis. Toutes ces personnes se questionnent, se documentent, débattent, prennent position, et veulent être partie-prenante des décisions. Ils veulent être et faire.

Quelques exemples d'initiatives dans la vie civile :

Ajoutons à cela les expériences de coopératives, d'autogestion, d'auto-organisation autour des communs[12].

Et ce ne sont que quelques exemples. La réalité est immensément plus riche[10].

Pour revenir à notre sujet : cette présidentielle, à travers la proposition d'une VIe république, porte selon nous les prémisses d'un enjeu bien plus grand.

Il ne s'agit pas que de Mélenchon, Asselineau ou des autres, ou même juste d'élire un président. Il s'agit de l'apparition de la représentation dans le système actuel de ce changement global de société.

Cette représentation — du changement — est encore confuse, car le système actuel lui est totalement inadaptée : le changement ne peut s'exprimer dans notre système, puisqu'il en bouscule le cadre et le fonctionnement. La vision que nous avons de ce changement est forcément biaisée, quand on la regarde depuis le système.

Ensuite, le système lutte contre ce changement. Il rencontrera encore probablement beaucoup de résistance, mais il a le mérite d'exister et ne s'arrêtera pas sous prétexte que certains souhaitent que les choses restent comme avant. Ce n'est déjà plus comme avant.

S'arc-bouter sur cette idée, revenir comme avant[35], c'est aussi témoigner que le changement est acté. Croire qu'il est encore possible de faire machine arrère, c'est faire montre d'un décalage profond avec la réalité, peut-être même d'immaturité.

C'est un des points que nous trouvons rédibhitoire chez Fillon et Le Pen : la volonté de conservatisme, la nostalgie d'un temps révolu. Celui-ci est d'ailleurs largement idéalisé pour faire fantasmer l'auditoire de séniors votants, ce qui ajoute à la dimension immature de leur programme.

La position d'Étienne Chouard

Cette section est un plongeon dans un détail particulier, analysant l'évolution du positionnement d'un leader d'opinion ou expert au cours du temps.

Étienne Chouard est fervent défenseur d'une ré-écriture de constitution[33]. Il a étudié le sujet de fond en comble, et a fourni une masse colossale de références, de sources, d'analyses[14].

Il semble maintenant pencher pour un vote en faveur de François Asselineau, si l'on s'en réfère aux extraits d'interview cités en introduction.

D'un côté c'est peu surprenant. Il a été détecté plusieurs fois plus ou moins proche des positions d'Alain Soral][33][15], donc de l'extrème droite. Trop intelligent peut-être pour voter FN, il lui faut alors se rabattre sur un candidat présentable. Donc Fillon, Macron ou Asselineau. La sortie de l'Europe étant un pré-requis pour Chouard, Asselineau est donc le seul choix « défendable ».

D'un autre côté, celui qui prônait de ré-écrire la constitution et défend bec-et-ongles le tirage au sort, ne semble pas — plus ? — abstentionniste sur cette présidentielle, et il choisit maintenant un candidat qui ne propose pas de VIe république ni de ré-écriture de constitution.

Il va même jusqu'à dire que la constituante, telle que présentée par FI, est une farce puisqu'il n'y aura pas de tirage au sort. À défaut de prendre ses arguments pour argent comptant, nous pouvons nous poser des questions sur ce point et éventuellement arriver à la conclusion qu'effectivement, cette VIe sera peut-être un coup pour rien. Mais en fait, selon notre point de vue, peu importe. Nous developperons l'idée plus loin.

Concernant Chouard, loin de nous l'idée d'un argumentum ad hominem. Nous constatons simplement ce changement de point de vue en faveur de l'extrême droite, et croisons cette information avec les liens pré-établis vers Soral, pour conclure à la mise en place d'un filtre de type « attention, analysons bien ce que dit Chouard, parce que plus le temps passe, moins ça sent bon ».

Le souverainisme d'Asselineau rajoute une couche à cette sensation.

Revenons maintenant au cœur de notre sujet.

Analyse de quelques points de débat

Chouard qualifie les positions de Mélenchon de « molles du genou » dans la vidéo citée en introduction.

Notons qu'à la présidentielle de 2012 et encore maintenant, beaucoup ont reproché à Mélenchon ses positions trop radicales[16]… Maintenant c'est l'inverse ?

L'expression mou du genou nous semble être un marqueur significatif implicite en faveur d'Asselineau. Les propositions de celui-ci deviennent de fait tranchées, efficaces, nécessaires. Cet argument ferait d'Asselineau un homme providentiel[16] au dessus des lois]] — elle m'a fait comprendre un point essentiel de stratégie de JLM et de la France Insoumise.

Prenons un peu de recul, quelques instants, pour analyser ce que FI propose.

La constituante

F.I propose une constituante pour une VIe république. Rien que ça. Ça pourrait faire peur, notamment aux indécis, aux résignés, aux peu politisés.

Ça faisait encore plus peur quand 50% des constituants allaient être tirés au sort.

Le tirage au sort, d'un point de vue personnel, nous pensons que c'est indispensable[22].

Mais qu'en est-il pour les gens normaux qui n'ont connu que la Ve et qui croient que le PS est à gauche[27] ? Qu'en est-il pour les retraités apeurés qui sont fortement tentés de voter à droi⋅t⋅ch⋅e pour que les jeunes continuent à payer leurs retraites[23] ?

Pour elleux qui pensent, peut-être grâce à la pédagogie gouvernementale[24] que nous sommes en démocratie[25], le tirage au sort est une notion totalement inconnue, donc radicale, extrème. Et on nous martèle assez que les extrêmes, c'est mal.

Bon du coup, le rétro-pédalage — selon Chouard — qui consiste à dire que le pourcentage de tirage au sort sera fixé par les votants, c'est plutôt une bonne ou une mauvaise chose ?

Je pense que c'est excellent pour rassurer les gens qui pensent que JLM est « extrême ». Ça dé-radicalise la constituante : ça lisse, puisque ça induit qu'on aura peut-être pas du tout de tirage au sort.

Ça serait dommage que nous n'ayons pas ou peu de tirage au sort. Certes.

Mais prenons encore un peu de recul.

Si nous n'avons pas ou peu de tirage au sort, ça veut quand même dire que JLM aura été élu, et que la France est entré dans un processus de constitution.

Même si cette VIe échoue, même si l'oligarchie la récupère — ce qui n'est pas certain[26] — le peuple français, la « masse » aura touché du doigt que c'est possible.

C'est une porte ouverte vers la prise en main de notre avenir par nous-même.

Nous serons passé du « il n'y aucune alternative » des libéro-capitalistes à « construisons une nouvelle république ».

Même si 5 ou 10 ans s'écoulent sur cet échec, pendant ce temps l'éducation populaire œuvre, les gens se repolitisent… Même la CAF prône maintenant l'éducation bienveillante[28], parle de Faber et Maslish, Catherine Guéguen et Jacques Salomé, pour vous dire comme les temps changent.

Aux élections suivantes, tous les candidats pourraient proposer une constituante, ou des réformes constitutionnelles. Ceux qui n'en présentent pas et ceux qui ne présenteront pas des garanties pour que leur constituante soit statistiquement représentative du peuple auront plus de chances de se faire sortir.

Donc pour moi, cette molesse de genou est positive : c'est un pas en faveur des indécis et des résignés qui pensent que le système ne peut pas changer, pour les inviter à commencer à croire que c'est possible, sans trop les brusquer pour autant.

Si c'est une stratégie de la part de JLM ou de F.I, je la trouve excellente.

Si c'est involontaire, peu importe : ça va dans le bon sens.

La sortie de l'Europe

Je passerai rapidement sur ce point, mes arguments sont similaires. Les plans A et B[29] sont une alternative progressive à une sortie de l'Europe avec pertes et fracas. C'est une voie diplomatique, avec consultation du peuple à chaque étape.

Je trouve que la version insoumise de cette sortie d'Europe est bien plus respectueuse de la volonté du peuple, que la frappe du poing sur la table d'Asselineau : FI souhaite impliquer les citoyens, c'est responsabilisant.

Il est nécessaire que le peuple s’intéresse à la politique, apprenne à prendre des decisions et à ne plus passivement attendre que des hommes de politiques vu comme des "spécialistes" gèrent tout à sa place. c'est un travail en soi, d'éduquer le peuple à être acteur , et c'est ce qu'on appelle "l'éducation populaire".

Il est très vraisemblable que nous sortions de cette Europe néolibérale de toute manière. Les peuples du monde travaillent à plus de dignité humaine ; les chinois se battent frénétiquement pour rattraper tout leur retard en matière de syndicats et de droits sociaux, les peuples les plus pauvres entrent en révolution les uns après les autres. L'Europe du dumping social et monétaire, l'Europe des grandes multinationales ne va plus faire long feu.

Ça mettra plus ou moins longtemps, mais la croissance capitaliste libérale n'est de toute façon pas soutenable[30], ni par la planète dont les ressources sont de plus en plus limitées, ni par les êtres vivants qui la composent, humains compris.

Ensuite, FI propose de reconstruire une autre Europe, plus sociale, plus solidaire, plus multi-culturelle. Asselineau, lui, propose de nous refermer. Ce qui à l'heure d'internet et de la prise de conscience écologique et sociale à l'échelle planétaire me semble un contre-sens. Son attrait pour le souverainisme, l'histoire de France, le nationalisme, n'est pas un gage d'ouverture. C'est même plutôt inquiétant.

Il y aura une Europe. Il y aura même peut-être d'ici quelques dizaines d'années un « monde » bien plus grand, plus ouvert, plus coopératif, où les frontières n'auront plus le moindre sens. Se refermer, c'est préparer une explosion, une nouvelle crise.

Quelle que soit l'issue côté Europe, FI nous propose de choisir nous-même, alors qu'Asselineau a déjà pris la décision, comme tout leader charismatique. Peu charismatique, dans son cas.

Mais la nuance entre les deux sorties d'Europe est importante, puisqu'Asselineau se pose en homme providentiel, alors que JLM se pose en « moyen ». Moyen de passer à la VIe république, où nous n'aurions éventuellement plus besoin de président, ou bien où celui-ci serait beaucoup moins monarchique[18].

Asselineau propose donc certes des idées dans l'air du temps (reconnaissance du vote blanc, référendums d'initiative populaire…), mais nous les propose depuis son trône de monarque, alors que JLM nous propose de les construire nous-même, et d'en construire autant d'autres que nous le souhaiterons.

La monnaie

à ré-écrire. Montrer que le programme de FI n'est absolument pas radical par rapport à la réalité terrain et aux expérimentations actuelles (TRM).

J'espère que les candidats à la constituante auront lu la Théorie Relative de la Monnaie[31] et nous proposerons quelque chose de bien.

Un pas vers résignés et les séniors votants

FI et JLM nous proposent des projections dans le quotidien des français, un an après l'élection supposée de JLM.

Les points abordés sont vraiment de l'ordre du quotidien, et ressemblent à des questions réthoriques : qui ne voudrait pas bien manger ? Quel⋅le petit⋅e entrepreneur⋅se ne voudrait pas payer moins d'I.S ? Quel⋅le parent⋅e ne voudrait pas voir moins d'élèves dans les classes et de meilleures conditions d'apprentissage pour ses enfants ? Quel chômeur ne voudrait pas trouver du travail, et quel salarié précaire ne voudrait pas voir le SMIC augmenter ? Qui ne voudrait pas se sentir plus en sécurité, avec une police de proximité sympathique ? Etc.

Ces vidéos, sont donc faites pour emporter l'adhésion du plus grand nombre. De notre avis, ce message, le plus évident, n'est pas le principal.

En effet, dans chacune d'elle, ce n'est pas FI qui est identifié comme porteuse de solution, mais JLM : « Avec Jean-Luc Mélenchon président, vous aurez […]. »

Nous voyons donc au moins deux avantages et raisons à ces vidéos, à leur contenu, et à leur format :

  • se montrer proche du quotidien, pour l'améliorer. Ça aide à ne plus être perçu comme « extrême ». JLM et FI sont taxés d'« extrême gauche » par les médias et les candidats mainstream. Beaucoup de téléphiles et de presse-écritophiles ont par conséquent cette image de la France Insoumise[3].

  • l'utilisation de « JLM » — et non de FI — permet de présenter un futur président à ceux qui croient encore qu'un leader charismatique ou un homme providentiel est nécessaire pour diriger une nation. Bien sûr, ce n'est plus le cas, et c'est même un contre-sens, dans un monde horizontal où chacun doit arriver à l'autonomie et à la responsabilité de ses actes. Aucun président ne peut prendre les décisions à la place des gens, et continuer à le croire, c'est selon moi se fourvoyer dans les grandes largeurs. Mais présenter JLM comme ça à une génération de séniors votants est un pas dans le sens d'une transition douce.

Conclusion

Sur les points que nous avons analysés ici, nous pourrions dire que JLM et FI ont une très bonne stratégie. Sur le fond, ils proposent de redonner le pouvoir au peuple.

S'ils ne le font pas, ou n'y arrivent pas à cause de verrous de la classe dirigeante, le peuple le reprendra peut-être de toute façon. Le pays et le monde vont mal, et les alternatives se mettent en place depuis tellement longtemps que la bascule se fera quoi qu'il arrive.

JLM et FI proposent une transition douce. Ils ont des arguments de fond très importants, mais ne les mettent pas en avant dans les spots à destination des séniors.

Ces arguments de fond seront acceptés [plus tard] car ils vont dans le sens de l'égalité réelle, mais ils sont encore trop choquants à présenter en premier, car trop loin des préocupations de certains, trop difficiles à entendre — alors que fondamentalement, le respect de tout être vivant n'est pas une position radicale, c'est du bon sens pour nous.

D'abord, FI présente un candidat, avec des mesures modérées. Si ce candidat passe, la porte aura été ouverte : le peuple aura touché du doigt qu'autre chose est possible. Ceux qui sont aujourd'hui réduits au silence auront pu enfin parler, et ceux qui pensent que c'est impossible de changer car les silencieux étaient baillonnés auront pu les écouter et se mettront à comprendre.

Quoi qu'il arrive, que JLM fasse ce que la France Insoumise a prévu, ou pas. Qu'il ne le fasse pas, ou qu'il ne puisse pas le faire, peu importe. FI aura porté dans le débat public, des arguments qui n'y sont jamais arrivés jusqu'ici. Pour ne citer que celui-ci, c'est bien la première fois que le respect du vivant trouve sa place dans un programme présidentiel.

Même si JLM n'est pas élu, le programme de FI aura proposé :

JLM a dores-et-déjà obtenu 19% des intentions de vote dans les sondages, aussi peu fiables soient-ils.

Il fait trembler les médias et la classe dirigeante, et ça empire encore pendant qu'il continue de grimper.

FI réalise un tour de force assez impressionant : d'un côté le candidat représente quelque chose de presque acceptable pour un nombre significatif de votants ou désintéressés de notre système, et de l'autre le programme rassemble et fédère beaucoup de problématiques mondiales émergeantes.

On pourra arguer que le programme n'est pas assez radical, ni assez représentatif de la multitude de solutions qui germent. Certes.

Peut-être est-il encore sain — ou normal — de croire que nous ne pourrons pas fédérer toutes les initiatives. Peut-être est-ce tout simplement inutile de rassembler ? Cette volonté est sans doute une réminiscence d'un ancien système de pensée.

Nous avons plutôt l'intuition qu'il n'y aura pas une solution à cette crise, mais une multitude de solutions, toutes aussi pertinentes les unes que les autres, répondant à des besoins locaux particuliers, qui ne peuvent pas être factorisés.

Cette multitude de solutions incarne pour nous une sorte d'« âge de la diversité », cette diversité étant source de richesse pour l'humanité.

Que JLM soit élu ou pas, le programme de la France Insoumise est indéniablement un pas dans la reconnaissance d'un mouvement de fond. Ce mouvement, il y a encore 10 ans, faisait passer ses promoteurs pour des rêveurs, ses acteurs pour des « artistes », des fous, des marginaux, des utopistes, des anarchistes[13], les u dans le bon sens.

D'un point de vue temporel[21], il nous semble important de faire remarquer que le programme de France Insoumise :

  • est d'une part une conséquence : c'est une représentation de la prise de conscience du changement profond qui est déjà en train de se produire en sous-marin depuis longtemps,

  • et aussi une cause, car la levée de ces arguments dans le débat public aura certainement fait naître de nouvelles discussions et peut-être, nous l'espérons, élargi la prise de conscience à de nouvelles personnes, à la possibilité réelle d'une civilisation bienveillante à long terme.

C'est très excitant. Nous verrons peut-être un changement majeur de civilisation. Et nous y travaillons, dans notre série de conférences et d'atelier sur la bienveillance.

[1] Les indépendants de φ ont réalisé un travail conséquent à ce propos pour comparer les principaux programmes entre eux.

[4] Pour illustrer, Kriss Papillon appelle à voter UPR, alors que deux mois auparavant il pronait l'abstention active avec Jordanix.

[6] Cette défiance est pourtant voulue et mise en place par nos dirigeants eux-mêmes : à force de dépolitiser la politique pour éviter les conflits sociaux, d'affirmer que les citoyens ne sont pas des experts et doivent laisser la gestion à des professionnels, on engendre un sentiment d'impuissance, qui devient désintéressement.

[5] Voir Pujadas : le journaliste, vidéo-analyse d'Usul.

[19] En recherche de sources sur le sujet. Cf. le travail de sape consciencieux de la capacité d'auto-gestion libertaire à l'échelle d'une ville ou d'un état : « ça peut marcher pour un petit groupe de personnes, mais passé une certaine taille de groupe, c'est impossible. » Il n'y aurait pas d'outils adapté à la démocratie directe à grande échelle.

[20] En recherche de sources sur ce sujet.

[2] Sur la question de le représentativité de nos élus, consulter l'article de l'observatoire des inégalités, complément de la vidéo de Data Gueule sourcée dans le présent document.

[6] Cette défiance est pourtant voulue et mise en place par nos dirigeants eux-mêmes : à force de dépolitiser la politique pour éviter les conflits sociaux, d'affirmer que les citoyens ne sont pas des experts et doivent laisser la gestion à des professionnels, on engendre un sentiment d'impuissance, qui devient désintéressement.

[7] Voir le film documentaire Les nouveaux chiens de garde de Serge Halimi.

[17] Lire Sociologie de la bourgeoisie, de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot.

[18] Lire L'absolutisme inneficace de Jean-François Revel. En ligne, une introduction : 5e république, l'absolutisme essouflé.

[8] À propos de la démocratie directe, voir le film documentaire J'ai pas voté de Moise COURILLEAU et Morgan ZAHND, ainsi que le manifeste numéro 1 de La relève et la peste écrit par Étienne Chouard. La chaine Youtube Demos Kratos offre aussi beaucoup de matière à réflexion.

[9] Voir le film documentaire In Transition 2.0 réalisé par le mouvement international des villes en transition (les sous-titres en français sont disponibles sur Youtube en cliquant sur la roue dentée dans la fenêtre de la vidéo).

[34] L'ENS organise depuis trois ans un cycle de conférences où ces vulgarisateurs sont invités. Voir en ligne la conférence d'Usul en 2016, où il traite des savoirs critiques et des conséquences de l'apparition de ces vulgarisateurs sur le web.

[11] Nuit Debout rassemble des centaines de milliers de personnes. Même si certains affirment que le collectif n'a pour l'instant pas accouché de quoi que ce soit de concret au niveau de l'implication citoyenne, le mouvement, les questions, la repolitisation est là. Le niveau d'organisation du mouvement est très important, et tout est auto-géré. Même s'il n'y a pas de conséquences directes immédiates, l'existence même de ce collectif, le fait qu'il n'aie pas été [encore ?] récupéré, et qu'il n'aie pas débouché sur une révolution, tout ceci est significatif.

[12] Voir Une introduction aux communs. Pour un autre point de vue, voir [[http://www.monde-diplomatique.fr/2016/12/BROCA/56916][Les communs, un projet ambigu ]] de Sébastien Broca. Pour approfondir sur papier, *Utopie du logiciel libre* du même auteur. Sur la question de l'eau en temps que bien commun, voir la fin de la conférence Inculture(s) 8 : L'eau, ça chie d'Anthony Brault et Samuel Lanoe (toute la conférence est intéressante, mais l'approche des communs y est développée à la fin). Voir aussi En Communs qui recence les initiatives de communs, et Unisson qui donne des références et modèles de gouvernance adaptés à la gestion des communs.

[10] Cf. *un million de révolutions tranquilles* de Bénédicte Manier.

[35] le retour à un idéal passé est une promesse de campagne de Fillon, de Le Pen. Macron est intermédiaire dans le sens où il veut mettre en œuvre une continuité relative : on ne revient pas en arrière, mais on continue les réformes commencées pour tenir la ligne.

[33] Lire en ligne [[https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=778694915514725&id=153938251323731][le texte complémentaire qu'Usul] a rédigé peu de temps après avoir mis en ligne sa vidéo Le Citoyen : Etienne Chouard.

[14] Sourcer le PDF de synthèse de Chouard.

[33] Lire en ligne [[https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=778694915514725&id=153938251323731][le texte complémentaire qu'Usul] a rédigé peu de temps après avoir mis en ligne sa vidéo Le Citoyen : Etienne Chouard.

[15] Voir aussi Lepage sur Soral et Chouard. Pour le citer : « l'extrème droite joue sur des arguments simples, qu'on ne peut contrer qu'avec des arguments compliqués. »

[16] Ce côté homme providentiel est un argumentaire de droite, utilisé par Emmanuel Macron, François Fillon et aussi Marine Le Pen.

[16] Ce côté homme providentiel est un argumentaire de droite, utilisé par Emmanuel Macron, François Fillon et aussi Marine Le Pen.

[22] Lire [[http://etienne.chouard.free.fr/Europe/tirage_au_sort.php ][les travaux d'Etienne Chouard sur le tirage au sort]]. Voir aussi le documentaire J'ai pas voté de Moise COURILLEAU et Morgan ZAHND.

[27] Lire en ligne La politique française est verrouillée par les séniors (consulté en avril 2017).

[23] Pour en comprendre d'avantage sur le fonctionnement du système des retraites, voir l'extrait dédié de 26 minutes, issu de la conférenre de Frank Lepage et Gaël Tanguy Inculture(s) 5 : le travail.

[24] Voir le décorticage de langue de bois sur la pédagogie, par le Stagirite.

[25] Voir la France est un état de droit, pas une démocratie !, sur la chaîne Youtube Demos Kratos.

[26] La France Insoumise essaie de s'assurer que les oligarques ne participeront pas à l'élaboration de la nouvelle constitution en excluant tout parlementaire de la Ve république. À défaut d'être parfait, ça semble une mesure de bonne intention.

[28] Lire en ligne Le bulletin « Vie des Familles » de septembre 2016.

[29] Lire en ligne la section dédiée à l'Europe sur LAEC.fr.

[30] Lire en ligne Un capitalisme sans croissance est-il possible ? sur le site Alternatives Économiques.

[18] Lire L'absolutisme inneficace de Jean-François Revel. En ligne, une introduction : 5e république, l'absolutisme essouflé.

[31] Consulter en ligne le site Création Monétaire qui rassemble de nombreux travaux et informations sur la Théorie Relative de la Monnaie, par Stéphane Laborde.

[3] Parlant d'extrèmes : des anarcho-communistes pourraient éventuellement être taxés d’extrêmes. Mais songeons à ceci : est-ce qu'une véritable égalité de droits entre les citoyens et la gestion de nos ressources comme de vrais communs est une vision si extrême que cela ?

[13] dans le sens dévoyé du terme : l'anarchisme est employé péjorativement pour désigner un risque de chaos social. Alors que c'est tout le contraire : l'anarchisme, dans sa définition la plus simple, désigne simplement l'absence de hiérarchie, mais en aucun cas l'absence d'organisation. Nous rebouclons donc avec la vidéo de Marc Halévy et les organisations réticulées, théorisées par Gilles Deleuze et Félix Guatarry notamment dans leur idée de rhizome (Cf. Mille plateaux).

[21] Si tant est que le temps puisse exister en tant que réalité tangible, mais c'est [[http://conscience-quantique.com/le-temps-nexiste-pas-bonne-annee-2015/ ][une autre histoire, racontée par des physiciens et des philosophes]].