Titre: Prolongement de l'article « Gilets jaunes : pour remédier à sa violence sociale, l’Etat n’a que la violence policière »
Sous-titre: Pour une réflexion complémentaire à l'article de Loïc Le Clerc, et un parallèle avec l'enfance des gouvernés
Source: Consulté le 8 janvier 2019 depuis http://www.regards.fr/societe/article/gilets-jaunes-pour-remedier-a-sa-violence-sociale-l-etat-n-a-que-la-violence
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Reprenons les points de l'article de Loïc Le Clerc[1] que nous souhaitons prolonger, par partie  :

À propos des démocrates et des républicains

«  Ah non, nous ne sommes pas en guerre civile et la France n’est pas une dictature, mais elle est devenue une honte pour quiconque se dit démocrate et républicain.  »

À propos «  d'être démocrate  », de quel type de démocratie parle-t-on  ?

Parce qu'il a été amplement démontré que la prétendue démocratie dans laquelle nous sommes, n'est pas démocratique.

L'expression «  démocratie représentative  » est un oxymore, les deux termes sont incompatibles.

La démocratie, selon son origine étymologique — «  le pouvoir au peuple  » — ne peut pas être représentative.

C'est un contre-sens.

Tout régime représentatif n'est pas démocratique, puisque ce n'est pas le peuple qui dirige, mais des représentants. Nous ne parlons même pas des types de mandats (impératif, quelqu'un  ?).

La seule démocratie qui peut être qualifiée de démocratique est la démocratie directe.

D'ailleurs, cette expression «  démocratie directe  » est un pléonasme, puisque la démocratie est directe, par définition.

À propos d'être républicain, de quoi parle-t-on  ? Qu'est-ce qu'une république  ?

Étymologiquement encore, la «  res-publica  », la chose publique, est une sorte d'incarnation artificielle qui aurait son existence propre, mais dont les orientations devraient être décidées par «  des gens  » (reste à savoir qui, pourquoi, et comment).

L'existence de la république relève de la réification (la transformation en «  chose  ») de quelque chose qui n'a initialement pas vocation à être, ou plus simplement n'est pas.

La république ne correspond donc à l'origine à rien de réel  : elle n'existe pas dans la nature, on ne peut pas la toucher, la voir  ; elle n'a pas d'émotion. Ce n'est pas un être sentient, ni sensible.

L'on doit donc réifier un concept, l'idée de république, pour faire exister quelque chose qui à la base, n'existe pas.

D'où la nécessité de créer des personnes morales, des concepts réifiés.

Demandez à un corbeau, un chimpanzé, un enfant de cinq ans — qui maîtrisent les concepts complexes de passé, de futur et d'intentions[2] — ce qu'est une personne morale…

Comment est née la république  ? Grâce à la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Celle-ci, d'une part, est considérée comme un «  chef d'œuvre libéral[3]  »  ; d'autre part, elle consacre l'État comme une entité toujours au dessus de tous, et ce quelles que soient les conditions[4].

Notamment, le droit de résistance et de rébellion face à un état oppressif, dictatorial ou ne serait-ce qu'inégalitaire ou amoral, est explicitement absent dans la DDHC de 1789[5].

Il reste le droit naturel de résistance à l'oppression (article 2), mais celui-ci est explicitement limité par la Loi, donc par l'État.

C'est la Loi qui définit si ce que le citoyen vit est une oppression ou ne l'est pas.

Autrement dit, dans cette DDHC, le citoyen est dépossédé de sa capacité à qualifier son expérience[6] des événements qu'il vit, au profit de l'État qui reste le seul «  qualifiant  » légal — et légitime auto-légitimé, puisque constitué — de l'expérience du gouverné[7].

Le qualifiant légal est aussi celui qui fait la Loi. Qui a dit juge et parti[8]  ?

Le simple choix de la DDHC de 1793[9] — ou toute autre qui aurait été discutée de nouveau — aurait pu être plus judicieux, puisque par exemple celle de 1793 consacre les valeurs d'égalité et de liberté à peu près au même niveau.

Alors que la DDHC de 1789 consacre la liberté comme valeur supérieure à l'égalité.

Elle donne par ailleurs tout pouvoir à l'État pour faire respecter la liberté[10], au mépris de l'égalité s'il le faut, ce qui n'est pas le cas dans un certain nombre d'autres DDHC, dont celle de 1793.

Ensuite, la liberté de qui  ? de faire quoi  ?

En apparté, même l'égalité est une valeur qu'il est ligitime de rediscuter en tant que «  valeur socle  » ou pilier d'une constitution. En effet, nous n'avons pas tous les mêmes besoins, ni envie des mêmes choses. Pourquoi alors l'égalité  ? Pourquoi pas plutôt l'équité  ? Puisque l'équité consacre la reconnaissance des besoins individuels et différenciés, alors que l'égalité n'a que faire des besoins individuels et donne la même chose à tout le monde.

Pour finir sur la différence entre république — dont la valeur pilier est la liberté — et démocratie — dont la valeur pilier est l'égalité — concluons avec la citation de Peter Thiel[11] rapportée par François Ruffin lors de son live Facebook à Norauto[12]  : «  je ne crois plus que la liberté et la démocratie soient compatibles  ».

Bien sûr, encore une fois, Peter Thiel ne précise pas liberté «  de qui  », ni «  de quoi »… Il reste sur des notions extrêmement vagues, interprétables à loisir.

Avec une mauvaise foi et des confusions pareilles, on n'est pas prêts d'avancer ni de pouvoir débattre… Rappelons quand même que Peter Thiel et tous ses amis déjeunent et dînent avec Macron, nos ministres, et le reste de nos gouvernants (préfets, présidents de régions, de départements, etc)[13].

Vous remarquez bien que Thiel — et d'autres libertariens — ne va pas jusqu'à dire que «  la république n'est plus compatible avec la démocratie  ». Mais au su du précédent point de l'analyse, pour nous c'est équivalent, puisque la liberté est la valeur clef de la république.

Cependant, nous remarquons que la situation a été clarifiée en France, par Emmanuel Macron, mais pas que lui  : nous avons «  La république en marche  », et «  les républicains  ». Les gouvernants sont aujourd'hui en grande majorité des partisans de la liberté, bien plus que de l'égalité.

Les valeurs et opinions comme «  les assistés ne foutent rien[14]  », «  il faut libéraliser ou privatiser encore plus  », «  l'état et les institutions coûtent trop cher  », sont des opinions largement forgées par les partis de droite.

Nous progressons — Aaah… Le progrès des progressistes — doucement vers un état qui s'efface au profit du secteur privé, le tout présenté pour «  plus de liberté  » (encore une fois  : de qui  ? de quoi  ?), plus de flexibilité (pour qui  ?), et au final, plus de précarité, moins de soins, une prise en charge à plusieurs vitesses, comme une justice à plusieurs vitesses[15].

À propos de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen

Rappelons que nous sommes le pays de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, et seulement celui de cette déclaration.

Déclarer ne suffit plus.

Nous reprenons en complément les informations déjà citées  : la DDHC, oui, mais regardez bien laquelle. Lisez bien le contenu de la DDHC[16] qui a été validée pour notre constitution  :

  • l'égalité des hommes ne concerne que les droits. (article 1)

  • La liberté et la propriété seraient des droits «  naturels  », mais pas l'égalité (article 2). La propriété [privée] est particulièrement importante, bien plus que l'égalité ou la liberté (article 17).

  • la résistance à une loi amorale ou dictatoriale est impossible  ; elle est punie (article 7)  ; la loi n'étant fixable que par l'état et les prétendus «  représentants  », le peuple est piégé.

    Les gilets jaunes aussi  : leur action étant qualifiée de violente, illégale, elle devient illégitime pour les gouvernants et leurs chiens de gardes. Rappelons que les activistes écologiques qui protègent le vivant sont déclarés terroristes et illégaux.

    Mais l'illégalité n'est pas l'illégitimité, loin s'en faut. Ce que les Gilets Jaunes expriment est légitime car c'est ce qu'ielles vivent. C'est leur expérience, et personne ne peut qualifier d'illégitime ce que chacun vit et ressent[17].

  • L'ordre public n'est pas défini par la population — des humains, mais par la loi (article 10). Donc par l'État — donc d'autres humains que celleux qui vivent leur propre réalité.

    Quand un ministre émet des modifications en quelques heures ou quelques jours[18], alors que le citoyen lambda n'a aucun moyen concret de faire l'équivalent pour soulager la souffrance qu'il vit au quotidien dans une société ultra-violente  ? Quand même les députés, les prétendus représentants, même en groupe, sont dans l'incapacité d'arrêter le flot de lois liberticides[19], où sont les moyens d'action du citoyen, comparés à ceux des gouvernants  ?

Il suffit de modifier la définition de l'ordre public pour pouvoir emprisonner n'importe qui, pour n'importe quelle raison arbitraire  ; raison dont le caractère arbitraire disparaît au profit d'une légitimité artificiellement escamotée par le simple fait que cette raison passe dans la loi, rendant ainsi l'action légitime des Gilets Jaunes ou d'autres manifestants artificiellement illégale[20].

Ce n'est donc pas que «  déclarer ne suffit plus  ». Déclarer n'a jamais suffit, malgré le caractère performatif de nos langues occidentales. La performativité — comme dans « la séance est maintenant ouverte » — n'a jamais rendu les évènements et les personnes morales plus réelles.

En revanche, elle en a donné l'illusion, comme dans «  la loi s'impose à tous  »  ; car non, la loi ne s'impose pas à tous.

C'est la police, la gendarmerie, les juges, les huissiers et tout le système juridique de domination qui sont là pour nous l'imposer avec toute la violence nécessaire, pour que nous fassions «  comme si la loi s'imposait par elle même  », alors que c'est simplement la peur de la punition qui implique que nous nous l'imposons à nous-mêmes[21].

En guise de conclusion

Alors oui, nous avons une constitution.

Mais c'est loin d'être suffisant. Il est plus que temps de la lire, et de se rendre compte de son statut intrinsèque de supercherie. Le droit du citoyen à modifier la loi, dans la pratique, est impossible à mettre en œuvre, même en y passant une vie entière.

Oui, nous avons une «  Déclaration des droits de l'homme et du citoyen  ».

Mais il est plus que temps de la lire, de bien la comprendre. Quand l'égalité ne concerne que les droits, quand la liberté — de faire quoi, encore une fois  ? — est plus importante que l'égalité, et quand la propriété est érigée en monstre sacrée au dessus de toutes les autres, il est temps de se poser des questions.

Dans la réalité du monde vivant, de la physiologie, de nos intéractions avec les autres humains et les non-humains, nous sommes bien plus que des citoyens  ; un peu comme la propriété privée, ce concept libéral importe peu à un animal sauvage ou aux humains des peuples premiers qui habitent simplement la terre et s'entendent très bien sans état et sans propriété privée[22].

Cette notion de citoyenneté nous coupe de notre humanité, et de notre état d'être vivant, pour lequel la nature nous a déjà doté de tout le nécessaire pour vivre en paix et même en harmonie avec tous les autres êtres vivants de notre planète  : l'attachement, l'empathie, la coopération.

Les droits de nos constitutions n'ont rien de «  naturel  ». S'ils l'étaient, ils seraient inscrits dans nos gènes et nos comportements innés, ce qui n'est pas le cas[23].

La constitution, les DDHC, autant de tours de passe-passe qui permettent aux dominants de continuer à dominer. Nous n'avons pas besoin de ça, ni d'état, ni de textes à respecter. Ce sont les êtres vivants qu'il nous faut respecter en priorité.

Il est plus que temps de passer de «  ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse  » (le fondement de l'article 4 de la DDHC de 1789), à «  traite tout être vivant aussi bien que tu voudrais que l'on te traite toi  ».

Ça tombe bien, l'humain étant le plus social des êtres vivants, nous sommes naturellement câblés pour ça[24]  !

La loi, la constitution, tous ces textes font le contraire de ce qu'ils affirment. La loi s'imposent à nous  ? Vraiment  ? Non. Des personnes la décident à notre place, et nous l'imposent.

Tout ce qui est naturel n'a nul besoin d'être imposé, ni gravé dans le marbre, puisque c'est justement tout l'intérêt des «  instincts  » naturels[25]. C'est tout ce qui n'est pas naturel qui doit être gravé et maintenu de force par la Loi, la police, la justice, la contrainte, la répression, la coercition, l'oppression.

Enfin, nous, ce qu'on en dit…

En guise d'ouverture

Par rapport à la note rapprochant les enfants et les citoyens gouvernés, faisons un premier parallèle entre l'infantilisation de la population, et l'éducation «  classique  » des enfants, dans laquelle celleux-ci sont dépossédés de leur capacité à qualifier leurs propres émotions («  mais non, tu n'as pas mal.  », «  mais non, ce n'est rien  !  »), et aussi de leurs capacités à répondre naturellement à leurs propres besoins («  tu mangeras quand ce sera l'heure, tant pis si tu as faim  », «  Je m'en fous que tu n'aies plus faim, tu finis ton assiette, sinon pas de dessert/plage/jeux  !  », «  tu vas dormir maintenant, c'est l'heure  !  », «  réveille toi maintenant, il faut aller à l'école  !  », etc).

Faisons ensuite un second parallèle entre le mépris de classe des gouvernants pour les gouvernés, et le traitement des enfants par les adultes comme des êtres «  qui ne savent pas  », «  qui ne peuvent pas décider pour elleux-même  », alors que dans un cas comme dans l'autre, c'est objectivement faux  : un enfant humain sait dès sa naissance, comme tous les bébés animaux, mammifères ou non, quels sont ses besoins.

À force d'être contraint par les adultes à nier ses besoins et à s'auto-astreindre aux exigeances de la société occidentale, incompatibles avec nos besoins primaires[26], les enfants perdent peu à peu leur présence à elleux-mêmes, et deviennent des adultes qui ont besoin d'être gouvernés, comme les enfants ont été gouvernés par leurs parents.

Ces deux sujets particuliers (besoins essentiels, présence à soi) ont été traités respectivement  :

[1] Lire en ligne à l'adresse http://www.regards.fr/societe/article/gilets-jaunes-pour-remedier-a-sa-violence-sociale-l-etat-n-a-que-la-violence.

[2] Voir à ce titre Psychologie de l'enfant, d'Olivier Houdé, et Sommes-nous trop bêtes pour comprendre l'intelligence des animaux  ? de Frans de Waals.

[3] Voir à ce titre La déclaration des droits de l’homme de 1789, chef-d’œuvre libéral, sur Contrepoints, à l'adresse https://www.contrepoints.org/2014/12/03/190166-la-declaration-des-droits-de-lhomme-de-1789-chef-doeuvre-liberal.
Et ce sont les libertariens qui le disent  !

[4] Voir à ce titre Déclaration française des droits de l'homme et du citoyen  : le mythe du message à valeur universelle, sur Contreculture, à l'adresse https://www.contreculture.org/AL%20D%E9claration%20des%20droits%20de%20l%27homme.html.

[5] Voir le texte en ligne sur Légifrance, à l'adresse https://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Constitution/Declaration-des-Droits-de-l-Homme-et-du-Citoyen-de-1789.

[6] Le mot expérience désigne le ressenti vécu par le sujet. Voir à ce titre La politique de l'expérience, par Ronald D. Laing.

[7] Voir la partie En guise d'ouverture pour le parallèle entre les citoyens gouvernés et les enfants.

[8] Nous sommes dans une situation similaire à celle de la définition de la torture donnée par l'ONU (cf. la fiche Wikipédia), qui précise que «  […] Ce terme ne s’étend pas à la douleur ou aux souffrances résultant uniquement de sanctions légitimes, inhérentes à ces sanctions ou occasionnées par elles  »  ; autrement dit, si le sentiment et le vécu de torture résulte d'une sanction légalelégitime, alors le qualificatif de torture est refusé.
Avez-vous remarqué l'emploi à dessein du terme «  légitime  » en lieu et place du terme «  légal  » dans la définition  ? La légalité est discutable car elle est par définition relative à la législation en vigueur. Les états sont légaux, car issus des constitutions.
La légitimité n'est pas discutable, car elle a rapport à l'expérience vécue. C'est très important de qualifier d'emblée une sanction de légitime, ça évite d'avoir à discuter… De sa légitimité, justement.
Encore un cas où c'est l'agresseur qui assigne et qualifie l'expérience de l'agressé. Encore un point de cohérence avec le modèle de domination et de violence globales  ; voir la section En guise d'ouverture pour le rapprochement avec les enfants.

[9] Voir la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793, sur Wikipédia, à l'adresse https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_l%27homme_et_du_citoyen_de_1793, et plus particulièrement la section relative à l'Insurrection populaire  : droit le plus sacré, devoir le plus indispensable.

[10] Ce choix a été explicitement renouvellé en 1971 — donc il n'y a pas si longtemps — lorsque la DDHC de 1789 a été explicitement intégrée au bloc de constitutionalité.
Voir à ce titre l'article Bloc de constitutionnalité, sur Wikipédia, à l'adresse https://fr.wikipedia.org/wiki/Bloc_de_constitutionnalit%C3%A9.

[11] Fondateur de Paypal, investisseur de facebook, connu pour être un libertarien chevroné. Pour plus de détails sur sa pensée, voir Peter Thiel, fondateur de PayPal, rêve d'un monde sans politique, sur Le Monde, à l'adresse https://www.lemonde.fr/festival/article/2015/07/15/peter-thiel-fondateur-de-paypal-reve-d-un-monde-sans-politique_4683680_4415198.html.

[12] Voir Mon complot pour «  sédition  », par François Ruffin, sur Facebook, à l'adresse https://www.facebook.com/FrancoisRuffin80/videos/213180529592297/, à partir de 5 min 22 secs.

[13] Voir par exemple le documentaire de Pierre Carles, Les nouveaux chiens de garde.

[14] Alors que lesdits assistés, en réalité, ne sont pas du tout ceux que l'ont croit, comme en témoigne Denis Garnier dans son article L’assistanat des riches nous coûte un «  pognon de dingue  »  ! à l'adresse https://blogs.mediapart.fr/denis-garnier/blog/061218/l-assistanat-des-riches-nous-coute-un-pognon-de-dingue.
Concernant les prétendus assistés «  pauvres  », ce n'est pas ce qu'on tente de nous faire croire, cf. https://www.alternatives-economiques.fr/francais-assistes/00009584.
Quelques gros mensonges (colleportés par les républicains, principalement) démontés  : https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2011/06/07/quelques-gros-mensonges-sur-l-assistanat-et-sur-les-chomeurs.
Une autre analyse  ? Toujours sur Alternatives Economiques  : https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2011/06/25/assistanat-rsa-une-analyse-de-dominique-meda-et-bernard-gomel.

[15] Voir Vincent Le Coq, Impunités  : une justice à deux vitesses, à mettre en perspective avec Condamné pour un vol de pâtes et de riz  : «  Les Misérables  » version 2016 au tribunal de Cahors à l'adresse https://www.ladepeche.fr/article/2016/05/13/2343714-les-miserables-version-2016-au-tribunal-de-cahors.html, 3 mois de prison ferme pour vol d'un fromage pour un homme qui avait faim à Toulouse à l'adresse https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/3-mois-prison-ferme-vol-fromage-homme-qui-avait-faim-toulouse-1137481.html, Somme  : il vole cinq tranches de lard et part quatre mois en prison à l'adresse http://lavdn.lavoixdunord.fr/514556/article/2018-12-30/il-vole-cinq-tranches-de-lard-et-part-quatre-mois-en-prison, Saône-et-Loire  : prison avec sursis pour un SDF qui a volé de la nourriture dans la poubelle d’un supermarché à l'adresse https://www.ladepeche.fr/article/2018/01/08/2717618-saone-loire-prison-sursis-sdf-vole-nourriture-poubelle-supermarche.html, des condamnations régulières qui sont pour nous de la justice de classe.

[16] Encore, le texte en ligne sur Légifrance, à l'adresse https://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Constitution/Declaration-des-Droits-de-l-Homme-et-du-Citoyen-de-1789.

[17] Alors si, bien sûr, les gouvernants et les institutions de santé ne se gènent pas pour qualifier le vécu et le ressenti des principaux intéressés. Un peu comme les juges requalifient les viols en simples aggressions sexuelles, au mépris du ressenti réel des victimes.
Mais le point ici avec les gilets jaunes, c'est qu'à force de requalifier les sentiments des victimes par les agresseurs (les gouvernants, les 1%…), les victimes finissent par se rebeller, ce qui est le sentiment de colère le plus légitime qui soit.
C'était précisément le point défendu par la DDHC de 1793, qui n'est plus présent dans celle de 1789. C'est ce qui rend cette dernière injuste et arbitraire  : c'est l'oppresseur — ici l'état et ses institutions — qui qualifie, le vécu et les ressenti de l'oppressé. C'est le processus d'assignation, bien connu des féministes et militants LGBTQI+, qui elleux-aussi vivent en permanence cette réassignation par la majorité oppressante et normalisatrice.
On aura beau essayer de chercher, tout est cohérent (l'enfance, les violences éducatives, la domination de classes-races-sexes-âges-espèces…). Mais ça ne va pas dans le sens de l'apaisement social, bien au contraire.

[18] Exemple direct concernant les événements en cours  : Gilets jaunes. Édouard Philippe au 20 H de TF1 pour annoncer des mesures «  d’ordre public  », à l'adresse https://www.ouest-france.fr/politique/edouard-philippe/gilets-jaunes-edouard-philippe-au-20-h-de-tf1-pour-annoncer-des-mesures-d-ordre-public-6161235. Où est donc le «  droit de tous les Citoyens […] de concourir personnellement, […] à [la] formation de la Loi  » (article 6) dans la pratique  ?

[19] Voir Raphaël Kempf : « l’action politique est de plus en plus criminalisée » à l'adresse https://www.revue-ballast.fr/raphael-kempf-action-politique/ pour une rétrospective, puis, pour des détails particuliers  : L'Assemblée nationale vote un texte facilitant les écoutes téléphoniques et la géolocalisation à l'adresse https://www.ouest-france.fr/societe/justice/l-assemblee-nationale-vote-un-texte-facilitant-les-ecoutes-telephoniques-et-la-geolocalisation-6087482, La France classée 4e du top 15 des pays liberticides à l'adresse https://www.zdnet.fr/actualites/la-france-classee-4e-du-top-15-des-pays-liberticides-2102790.htm, L’évolution législative de la surveillance des communications internationales actée par la loi de programmation militaire. à l'adresse https://www.village-justice.com/articles/evolution-legislative-surveillance-des-communications-internationales-actee-par,29120.html, Fake news : empiler les lois liberticides ne sert à rien à l'adresse https://www.contrepoints.org/2018/05/30/317122-fake-news-empiler-les-lois-ne-sert-a-rien.

[20] Voir Police must end use of excessive force against protesters and high school children in France à l'adresse https://www.amnesty.org/en/latest/news/2018/12/police-must-end-use-of-excessive-force-against-protesters-and-high-school-children-in-france/ et Le Guide du manifestant arrêté à l'adresse http://www.syndicat-magistrature.org/Le-Guide-du-manifestant-arrete-mis.html.

[21] La peur de la punition est un pont supplémentaire vers la dernière section de notre article.

[22] Voir les ouvrages de Pierre Clastres (notamment La société contre l'état), mais aussi Le concept du continuum de Jean Liedloff, Pour une anthropologie anarchiste de David Graaber et Les rêveurs du désert de Barbara Glowczewski.

[23] Voir le reportage d'ARTe Vers un monde altruiste  ?, qui même s'il comporte quelques biais de confirmation au niveau des expériences scientifiques, montre bien que l'altruisme est bien plus la règle chez l'humain, que la violence ou la jalousie, qui sont des comportements acquis par mimétisme.
Voir les ouvrages de Sarah Blaffer Hrdy, Frans de Waals, et Catherine Guéguen cités en référence, qui viennent renforcer cette thèse.

[24] Voir à ce sujet Sarah Blaffer Hrdy, Comment nous sommes devenus humains  : l'origine de l'empathie et Frans de Waals, op. cit. et L'âge de l'empathie.

[25] Les instincts de l'homme sont tournés vers des relations sociales et inter-espèces harmonieuses, comme ça a été amplement démontré dans les livres précédemment cités (Blaffer Hrdy, de Waals), mais aussi ceux de Catherine Guéguen (voir en fin d'article) et d'Olivier Maurel (Oui, la nature humaine est bonne et La violence éducative  : un trou noir dans les sciences humaines), si l'on met de côté la position moraliste judéo-chrétienne de celui-ci.
Contrairement à Maurel et d'autres, nous soutenons que les instincts de l'être humain ne sont ni «  bons  » ni «  mauvais  », puisque notre position est scientifique et non moraliste ou philosophique.

[26] Manger quand on a faim, se reposer quand on est fatigué, prendre le temps de nourrir des relations authentiques, de jouer, créer, de découvrir, se sentir profondément utile aux autres… Cette liste n'est pas exhaustive.
Nous insistons sur le jeu qui est un besoin essentiel de tous les mammifères  ; c'est par le jeu que nous apprenons, enfants comme adultes.
Voir à ce titre Les lois naturelles de l'enfant, de Céline Alvarez.